C'est drôle, depuis quelques années, un exercice du cours Éthique et politique a pris une tournure étrange. Il s'agit en fait de répondre à la question suivante :
«Prenons l’exemple d’une mère très pauvre avec trois enfants. Si elle décide de travailler durement, elle les néglige; si elle se prostitue, elle salit leur réputation; si elle les confie à une famille riche et sans enfants, elle les prive de son amour.» -Alberoni et Veca
Discutez ce dilemme moral. Que devrait faire la mère? Identifiez les valeurs en cause dans chacune des possibilités présentées. Quelle serait la meilleure solution? Voyez-vous d’autres possibilités? Justifiez votre réponse.
Or, depuis deux ou trois ans, les élèves me demandent ce qu'on entend par travailler durement et négliger ses enfants. Est-ce que cela veut dire avoir un emploi exigeant ou deux emplois en même temps et ne pas voir ses enfants souvent? Si c'est le cas, la plupart des élèves affirment avoir vécu pareille situation et ne pas se sentir pour autant négligés. Leur mère rentre du travail tard le soir pendant la semaine et travaille aussi souvent les week-ends. Alors quoi, c'est un problème moral, Monsieur le professeur? Est-ce que cela veut dire que ma mère m'a négligé?
Quand j'examine, d'année en année, les comportements des élèves, je suis tenté de répondre non catégoriquement à leur question. La plupart des jeunes sont polis, intelligents, vifs d'esprit et ouverts sur le monde. En plus, ils semblent équilibrés, émotivement parlant. Beaucoup plus solides que je l'étais à leur âge.
Alors quoi? Les mères absentes ont trouvé d'autres moyens d'être présentes dans le coeur de leurs enfants quand elles ne peuvent passer du temps à la maison? Peut-être.
De toute façon, je devrai à l'avenir modifier cet exercice...
Venez respirer l'air du temps et découvrir le petit monde d'un professeur de philosophie de province. Des réflexions sur l'actualité ou sur la vie quotidienne constituent les centres d'intérêt de ce blogue.
jeudi 20 novembre 2008
mercredi 19 novembre 2008
Se priver de vivre ensemble
Une partie de l'échec du système d'éducation public a été illustrée de façon magistrale cet automne par un encart publicitaire paru dans La Presse intitulé simplement : Le privé. Sous-entendu, le secteur d'éducation privé.
Le dépliant était de facture superbe; on aurait dit une revue luxueuse sur papier couleur glacé. Un enfant à l'air ingénu figurait à la une. En marge, en bas à droite, le sous-titre Vivre ensemble coiffait une dizaine de noms de personnalités publiques : Rachida Azdouz, Fref Pellerin, Corneille, Lynda Thalie, Yolande James, Luis Oliva, Kevin Parent, Luck Mervil, etc.
Ces interviews témoignages sur le Vivre ensemble devaient-ils masquer le fait que l'enseignement privé c'est tout, sauf le vivre ensemble justement? Qu'on fasse de la publicité pour l'enseignement privé, je veux bien. Mais qu'on maquille ainsi un des aspects les moins glorieux de l'enseignement privé qui prive (c'est le cas de le dire) des milliers d'élèves moins riches de côtoyer ceux qui ont de l'argent, cela dépasse l'entendement.
Cette publicité élitiste qui, par sa magnificence, ridiculise la pauvreté des ressources du secteur public devrait lever le cœur. Pourtant, au dos de la revue, le slogan Fiers partenaires de la FEEP! chapeaute une série d'entreprises qui encouragent le mouvement vers l'école privée sectaire : l'Industrielle Alliance, Lorenzetti & assoc. Inc., la Croix bleue, Pacifique et Mercer.
À l'intérieur de l'encart, tout a été conçu dans le but de mousser la qualité de vie et d'enseignement de l'école privée. En plus, des reportages sur des personnalités connues comme Fred Pellerin et Luke Merville, il y a les publicités des écoles privées qui vantent les mérites de leur enseignement tablant sur leur réputation et leurs activités spéciales plus aguichantes les unes que les autres.
C'est bien simple, si l'on en croit cette publicité arrogante, pour vivre ensemble, heureux et ouvert sur le monde, il n'y a qu'un endroit où aller : à l'école privée.
Le dépliant était de facture superbe; on aurait dit une revue luxueuse sur papier couleur glacé. Un enfant à l'air ingénu figurait à la une. En marge, en bas à droite, le sous-titre Vivre ensemble coiffait une dizaine de noms de personnalités publiques : Rachida Azdouz, Fref Pellerin, Corneille, Lynda Thalie, Yolande James, Luis Oliva, Kevin Parent, Luck Mervil, etc.
Ces interviews témoignages sur le Vivre ensemble devaient-ils masquer le fait que l'enseignement privé c'est tout, sauf le vivre ensemble justement? Qu'on fasse de la publicité pour l'enseignement privé, je veux bien. Mais qu'on maquille ainsi un des aspects les moins glorieux de l'enseignement privé qui prive (c'est le cas de le dire) des milliers d'élèves moins riches de côtoyer ceux qui ont de l'argent, cela dépasse l'entendement.
Cette publicité élitiste qui, par sa magnificence, ridiculise la pauvreté des ressources du secteur public devrait lever le cœur. Pourtant, au dos de la revue, le slogan Fiers partenaires de la FEEP! chapeaute une série d'entreprises qui encouragent le mouvement vers l'école privée sectaire : l'Industrielle Alliance, Lorenzetti & assoc. Inc., la Croix bleue, Pacifique et Mercer.
À l'intérieur de l'encart, tout a été conçu dans le but de mousser la qualité de vie et d'enseignement de l'école privée. En plus, des reportages sur des personnalités connues comme Fred Pellerin et Luke Merville, il y a les publicités des écoles privées qui vantent les mérites de leur enseignement tablant sur leur réputation et leurs activités spéciales plus aguichantes les unes que les autres.
C'est bien simple, si l'on en croit cette publicité arrogante, pour vivre ensemble, heureux et ouvert sur le monde, il n'y a qu'un endroit où aller : à l'école privée.
mardi 18 novembre 2008
Point de bagarres
Je suis déçu des nouvelles réglementations de la Ligue de hockey junior majeur concernant les bagarres. Mais je suis encore plus déçu de la déclaration de la ministre Courchesne qui affirme qu'on ne peut empêcher deux jeunes de jeter les gants et de se tapocher en public sur une patinoire. Partout ailleurs dans le monde, au hockey universitaire, dans les tournois olympiques, dans les tournois internationaux, au hockey collégial, etc., on ne tolère pas les bagarres. Seuls la LNH et les circuits juniors canadiens permettent à des athlètes de s'en prendre physiquement à un adversaire avec ses poings. C'est indigne pour notre sport national. Dans aucun autre sport majeur tel que le football, le basketball, le baseball, le tennis, le soccer, etc., on n'accepte que des joueurs se battent. Quand cela arrive, c'est l'expulsion de la partie. Point final. Pas d'interprétation sur la gravité de l'altercation. Pas de tergiversations sur l'instigateur, l'agresseur au premier ou au deuxième degré. Tout cela ne semble qu'une parade pour plaire à la ministre qui n'y a vu que du feu. C'est malheureux. Le hockey ne deviendra un sport sérieux et respectable que le jour où l'on mettra fin aux actes disgracieux qui le dénaturent.
lundi 17 novembre 2008
Des élèves brillants, vifs et ouverts sur le monde
Comme d'habitude, depuis le début de la session, je ne cesse de m'étonner de la capacité d'émerveillement des jeunes d'aujourd'hui. Si je me compare à eux, je me dis que j'étais bien terne et surtout moins bien préparé qu'eux aux études supérieures à l'époque, même si j'obtenais les meilleures notes dans mes classes au cégep.
Je regarde les élèves de 18 ans et je remarque que la plupart sont au courant des nouvelles, plusieurs lisent des livres en dehors de ceux obligatoires pour les cours, quelques-uns ont même fait des voyages. Ils sont presque tous vifs d'esprit et désireux d'apprendre de nouvelles choses.
Bien sûr, ils aiment par-dessus tout rire et avoir du plaisir en classe. Ce sont d'ailleurs les deux leviers sur lesquels je m'appuie pour enseigner. Si les élèves rient et semblent avoir du plaisir à faire les exercices en classe, ils vont apprendre la matière du cours et même souvent aller plus loin que ce que le programme prescrit.
Humour, interaction, respect, anecdotes, actualité et jeu sont les ingrédients de tout cours réussi. Cela stimule les élèves à apprendre et à vouloir même en apprendre à l'enseignant qui n'en demande pas tant, mais qui continue de s'émerveiller de la capacité des jeunes à toujours en vouloir davantage. Ce qui pousse l'enseignant à se surpasser et à en donner plus.
Ainsi se crée le cercle non vicieux de l'apprentissage qui résulte de l'échange vivant entre un enseignant et ses élèves.
Je regarde les élèves de 18 ans et je remarque que la plupart sont au courant des nouvelles, plusieurs lisent des livres en dehors de ceux obligatoires pour les cours, quelques-uns ont même fait des voyages. Ils sont presque tous vifs d'esprit et désireux d'apprendre de nouvelles choses.
Bien sûr, ils aiment par-dessus tout rire et avoir du plaisir en classe. Ce sont d'ailleurs les deux leviers sur lesquels je m'appuie pour enseigner. Si les élèves rient et semblent avoir du plaisir à faire les exercices en classe, ils vont apprendre la matière du cours et même souvent aller plus loin que ce que le programme prescrit.
Humour, interaction, respect, anecdotes, actualité et jeu sont les ingrédients de tout cours réussi. Cela stimule les élèves à apprendre et à vouloir même en apprendre à l'enseignant qui n'en demande pas tant, mais qui continue de s'émerveiller de la capacité des jeunes à toujours en vouloir davantage. Ce qui pousse l'enseignant à se surpasser et à en donner plus.
Ainsi se crée le cercle non vicieux de l'apprentissage qui résulte de l'échange vivant entre un enseignant et ses élèves.
dimanche 16 novembre 2008
L'école, pour les garçons?
Voici, selon moi, quelques mesures à mettre en place si l'on veut vraiment favoriser le succès scolaire des garçons dans notre société.
1. Père demandé d'urgence. Les pères devraient jouer un rôle majeur dans l'éducation de leurs enfants, garçons ou filles. Malheureusement, ils ne s'investissent pas souvent et ne passent pas assez de temps avec leurs enfants afin de les aider à faire leurs devoirs ou tout simplement assister aux réunions d'école. Des pères plus présents favoriseraient le succès scolaire, autant des garçons que des filles.
2. Moins de langues. Mettre moins l'accent sur la langue d'enseignement dans le cheminement scolaire des élèves. L'importance démesurée qu'on accorde actuellement à l'acquisition des habiletés de base en langue nuit aux chances d'intégration des garçons à l'école. Presque toutes les études récentes montrent que l'acquisition des habiletés langagières des garçons et des filles ne suit pas le même rythme. Les garçons prennent plus de temps à maîtriser les rudiments du langage. Si, dès l'entrée à l'école, on discrimine les enfants sur cette base, on disqualifie presque d'office les garçons qui seront toujours en retard sur les filles, en général. De plus, si l'on continue de mettre l'accent sur la maîtrise de la langue d'enseignement et sur les langues secondes au secondaire, on continue de discriminer la majorité des garçons qui éprouveront toujours du retard sur les filles dans les tâches reliées au langage naturel. Si, finalement, on sanctionne les études par une épreuve uniforme de français, comme cela se fait au niveau collégial, et par des examens d'entrée en langue seconde, on poursuit la discrimination sur la base d'une inégalité biologique. Bref, à tous les niveaux d'enseignement, on relègue les garçons dans les classes inférieures en mettant l'accent du cheminement scolaire sous la gouverne de la maîtrise de la langue d'enseignement et des langues secondes.
3. Ouvrir l'école aux changements. Accorder plus d'importance à d'autres types d'activités en classe et à l'extérieur de la classe. Évidemment, on peut ajouter plus de cours d'éducation physique et consacrer plus de temps aux activités physiques en général, en augmentant le temps des récréations par exemple. Mais on peut également augmenter le temps imparti à d'autres habiletés, comme laisser plus de place à la créativité, aux nouvelles technologies, aux projets communautaires, etc.
4. Par l'exemple. Valoriser le succès scolaire des garçons par l'exemple. Fournir des modèles d'hommes ayant du succès dans leur vie professionnelle parce qu'ils ont réussi leurs études.
5. Revisiter les modèles masculins. Dévaloriser les modèles masculins de déviance sociale et de violence véhiculés au cinéma et dans les jeux vidéo tout en revalorisant l'image de l'homme responsable et bien dans sa peau. Des campagnes de sensibilisation pourraient être entreprises en ce sens, quitte à utiliser des humoristes si ces derniers rejoignent davantage les garçons.
6. Une discipline sportive plutôt que militaire. Motiver les élèves en s'inspirant des méthodes sportives gratifiantes plutôt que de vieilles méthodes de disciplines militaires punitives. Ainsi, mettre de l'avant les défis personnels, la compétition, l'esprit d'équipe, les prix, etc., dans les règles de vie de l'école plutôt que les retenues, les réprimandes, les devoirs supplémentaires.
7. Après l'école, plus d'école. Le moins de devoirs possible. C'est en classe que tout se passe. Ne pas supposer que les élèves vont s'autodiscipliner par eux-mêmes et prendre la responsabilité de prolonger l'apprentissage scolaire à l'extérieur de l'institution. Ils vont par contre le faire d'eux-mêmes s'ils en ressentent véritablement le besoin, comme lorsqu'ils s'entraînent pour devenir meilleurs dans un sport.
Ces quelques principes ne sont que des suggestions personnelles et elles n'émanent d'aucune théorie scientifique. Elles sont issues de mon expérience personnelle d'enseignant au collégial, de mes discussions avec les élèves à ce sujet depuis plusieurs années et de mes lectures concernant les difficultés d'apprentissage des garçons.
1. Père demandé d'urgence. Les pères devraient jouer un rôle majeur dans l'éducation de leurs enfants, garçons ou filles. Malheureusement, ils ne s'investissent pas souvent et ne passent pas assez de temps avec leurs enfants afin de les aider à faire leurs devoirs ou tout simplement assister aux réunions d'école. Des pères plus présents favoriseraient le succès scolaire, autant des garçons que des filles.
2. Moins de langues. Mettre moins l'accent sur la langue d'enseignement dans le cheminement scolaire des élèves. L'importance démesurée qu'on accorde actuellement à l'acquisition des habiletés de base en langue nuit aux chances d'intégration des garçons à l'école. Presque toutes les études récentes montrent que l'acquisition des habiletés langagières des garçons et des filles ne suit pas le même rythme. Les garçons prennent plus de temps à maîtriser les rudiments du langage. Si, dès l'entrée à l'école, on discrimine les enfants sur cette base, on disqualifie presque d'office les garçons qui seront toujours en retard sur les filles, en général. De plus, si l'on continue de mettre l'accent sur la maîtrise de la langue d'enseignement et sur les langues secondes au secondaire, on continue de discriminer la majorité des garçons qui éprouveront toujours du retard sur les filles dans les tâches reliées au langage naturel. Si, finalement, on sanctionne les études par une épreuve uniforme de français, comme cela se fait au niveau collégial, et par des examens d'entrée en langue seconde, on poursuit la discrimination sur la base d'une inégalité biologique. Bref, à tous les niveaux d'enseignement, on relègue les garçons dans les classes inférieures en mettant l'accent du cheminement scolaire sous la gouverne de la maîtrise de la langue d'enseignement et des langues secondes.
3. Ouvrir l'école aux changements. Accorder plus d'importance à d'autres types d'activités en classe et à l'extérieur de la classe. Évidemment, on peut ajouter plus de cours d'éducation physique et consacrer plus de temps aux activités physiques en général, en augmentant le temps des récréations par exemple. Mais on peut également augmenter le temps imparti à d'autres habiletés, comme laisser plus de place à la créativité, aux nouvelles technologies, aux projets communautaires, etc.
4. Par l'exemple. Valoriser le succès scolaire des garçons par l'exemple. Fournir des modèles d'hommes ayant du succès dans leur vie professionnelle parce qu'ils ont réussi leurs études.
5. Revisiter les modèles masculins. Dévaloriser les modèles masculins de déviance sociale et de violence véhiculés au cinéma et dans les jeux vidéo tout en revalorisant l'image de l'homme responsable et bien dans sa peau. Des campagnes de sensibilisation pourraient être entreprises en ce sens, quitte à utiliser des humoristes si ces derniers rejoignent davantage les garçons.
6. Une discipline sportive plutôt que militaire. Motiver les élèves en s'inspirant des méthodes sportives gratifiantes plutôt que de vieilles méthodes de disciplines militaires punitives. Ainsi, mettre de l'avant les défis personnels, la compétition, l'esprit d'équipe, les prix, etc., dans les règles de vie de l'école plutôt que les retenues, les réprimandes, les devoirs supplémentaires.
7. Après l'école, plus d'école. Le moins de devoirs possible. C'est en classe que tout se passe. Ne pas supposer que les élèves vont s'autodiscipliner par eux-mêmes et prendre la responsabilité de prolonger l'apprentissage scolaire à l'extérieur de l'institution. Ils vont par contre le faire d'eux-mêmes s'ils en ressentent véritablement le besoin, comme lorsqu'ils s'entraînent pour devenir meilleurs dans un sport.
Ces quelques principes ne sont que des suggestions personnelles et elles n'émanent d'aucune théorie scientifique. Elles sont issues de mon expérience personnelle d'enseignant au collégial, de mes discussions avec les élèves à ce sujet depuis plusieurs années et de mes lectures concernant les difficultés d'apprentissage des garçons.
lundi 8 septembre 2008
Les élèves ignorants?
Encore un discours méprisant sur les jeunes de la part d'un enseignant! C'est désolant. Dans le texte Connaissez-vous Adolf Éclair paru le 2 septembre, Patrick Moreau reprend un propos passéiste et répétitif qui rejoint celui du Frère Untel.
Pour donner plus de poids à ses opinions personnelles condescendantes envers les élèves, l'enseignant de littérature du cégep Ahuntsic utilise un ton sentencieux qui en impose en supposant des consensus là où il n'y en a pas. Selon lui, toutes les personnes sérieuses et intelligentes seraient d'accord avec son constat de la complète déliquescence de la culture des jeunes d'aujourd'hui, sauf les idéologues « jovialisants » du MELS.
Belle argumentation de la part de quelqu'un qui déplore l'échec du monde de l'éducation à fournir les outils essentiels des habiletés intellectuelles! Un appel à la majorité suivi d'une attaque contre la personne lui suffisent pour mettre K.-O. d'entrée de jeu tous les opposants à son opinion personnelle.
Mais qu'en est-il du fond de l'enjeu soulevé par l'auteur? Est-ce que les jeunes sont presque tous des cancres dans toutes les disciplines? Est-ce que l'élitisme remédierait au supposé problème? Est-ce que les démoniaques jeux vidéo seraient à l'origine de l'enfermement intellectuel des jeunes?
Au lieu de s'embourber dans le magma des opinions personnelles, aussi bien répondre par quelques faits.
Dans les années 70, les élèves de cégeps n'avaient pas à subir d'épreuve uniforme de français afin d'obtenir leur diplôme comme aujourd'hui. Dans leur programme d'études, ils ne passaient pas également d'épreuve synthèse de programme. Jusqu'à la Réforme Robillard, en 1994, ils ne suivaient que quatre cours de littérature de trois heures, au lieu de quatre cours de quatre heures comme maintenant.
De plus, bien souvent, les élèves pouvaient donner leurs travaux à des secrétaires, qui non seulement les dactylographiaient, mais aussi les corrigeaient, avant de les remettre à leurs enseignants. Bref, les mesures de suivi et de contrôle étaient minimes dans les cégeps d'alors. Ainsi, combien d'élèves incultes et presque illettrés ont obtenu leur diplôme dans ces belles années? Et ce laxisme continuait à l'université.
Par contre, si l'on veut rester dans le domaine des opinions personnelles, comme l'a fait Patrick Moreau, opposons plutôt nos propres impressions.
J'enseigne au niveau collégial depuis 18 ans, tant en littérature qu'en philosophie. Au contraire de ce qui ressort des propos de mon collègue, je remarque une amélioration de la qualité du français écrit de la plupart des élèves et j'en sais gré aux professeurs du secondaire. De plus, la majorité des jeunes d'aujourd'hui sont plus allumés, plus ouverts sur le monde et plus polis que les premiers élèves que j'ai côtoyés au début de mon enseignement.
Quand je donne aujourd'hui les mêmes exercices que je donnais autrefois, les résultats sont en nette progression. Je peux maintenant confectionner des exercices plus difficiles qu'alors afin d'offrir un défi intéressant aux élèves.
Évidemment, il reste toujours quelques « cancres » en classe, pour reprendre l'expression non péjorative de Daniel Pennac. Et c'est là que réside le danger de la généralisation hâtive qui résulte souvent, comme le dit si bien Pennac, de la collision entre le savoir du professeur et l'ignorance de l'élève.
Tout l'art de l'enseignement consiste justement à comprendre l'ignorance des élèves dans une discipline et à les amener vers le savoir. Pas à les écraser de sa « supériorité » scolaire…
Pour donner plus de poids à ses opinions personnelles condescendantes envers les élèves, l'enseignant de littérature du cégep Ahuntsic utilise un ton sentencieux qui en impose en supposant des consensus là où il n'y en a pas. Selon lui, toutes les personnes sérieuses et intelligentes seraient d'accord avec son constat de la complète déliquescence de la culture des jeunes d'aujourd'hui, sauf les idéologues « jovialisants » du MELS.
Belle argumentation de la part de quelqu'un qui déplore l'échec du monde de l'éducation à fournir les outils essentiels des habiletés intellectuelles! Un appel à la majorité suivi d'une attaque contre la personne lui suffisent pour mettre K.-O. d'entrée de jeu tous les opposants à son opinion personnelle.
Mais qu'en est-il du fond de l'enjeu soulevé par l'auteur? Est-ce que les jeunes sont presque tous des cancres dans toutes les disciplines? Est-ce que l'élitisme remédierait au supposé problème? Est-ce que les démoniaques jeux vidéo seraient à l'origine de l'enfermement intellectuel des jeunes?
Au lieu de s'embourber dans le magma des opinions personnelles, aussi bien répondre par quelques faits.
Dans les années 70, les élèves de cégeps n'avaient pas à subir d'épreuve uniforme de français afin d'obtenir leur diplôme comme aujourd'hui. Dans leur programme d'études, ils ne passaient pas également d'épreuve synthèse de programme. Jusqu'à la Réforme Robillard, en 1994, ils ne suivaient que quatre cours de littérature de trois heures, au lieu de quatre cours de quatre heures comme maintenant.
De plus, bien souvent, les élèves pouvaient donner leurs travaux à des secrétaires, qui non seulement les dactylographiaient, mais aussi les corrigeaient, avant de les remettre à leurs enseignants. Bref, les mesures de suivi et de contrôle étaient minimes dans les cégeps d'alors. Ainsi, combien d'élèves incultes et presque illettrés ont obtenu leur diplôme dans ces belles années? Et ce laxisme continuait à l'université.
Par contre, si l'on veut rester dans le domaine des opinions personnelles, comme l'a fait Patrick Moreau, opposons plutôt nos propres impressions.
J'enseigne au niveau collégial depuis 18 ans, tant en littérature qu'en philosophie. Au contraire de ce qui ressort des propos de mon collègue, je remarque une amélioration de la qualité du français écrit de la plupart des élèves et j'en sais gré aux professeurs du secondaire. De plus, la majorité des jeunes d'aujourd'hui sont plus allumés, plus ouverts sur le monde et plus polis que les premiers élèves que j'ai côtoyés au début de mon enseignement.
Quand je donne aujourd'hui les mêmes exercices que je donnais autrefois, les résultats sont en nette progression. Je peux maintenant confectionner des exercices plus difficiles qu'alors afin d'offrir un défi intéressant aux élèves.
Évidemment, il reste toujours quelques « cancres » en classe, pour reprendre l'expression non péjorative de Daniel Pennac. Et c'est là que réside le danger de la généralisation hâtive qui résulte souvent, comme le dit si bien Pennac, de la collision entre le savoir du professeur et l'ignorance de l'élève.
Tout l'art de l'enseignement consiste justement à comprendre l'ignorance des élèves dans une discipline et à les amener vers le savoir. Pas à les écraser de sa « supériorité » scolaire…
mardi 22 avril 2008
Les maths violentes?
Quand j'ai lu le titre, je me suis dit, tiens, il y a là une erreur. Ça ne se peut pas. On ne peut pas associer des disciplines scolaires aux sexes. Pourtant, le titre était exact. Non seulement était-il exact, mais il renvoyait à une référence majeure : Freud!
En effet, ce serait le père de la psychanalyse qui a associé les mathématiques à la violence. Dans le livre Délire et rêves dans la Gradiva de Jensen, pp 165, Freud affirmerait que les mathématiques sont violentes. Un plus un égale deux. Pas de discussions interminables, pas d'autres options. Les mathématiques, et les sciences dites dures, sont tranchantes. Une seule réponse (on parle des mathématiques traditionnelles), pas d'autres possibilités pour résoudre un problème. Il faut que tout le monde arrive au même résultat. Pour reprendre le titre d'une chanson québécoise, « c'est ça qui est ça ». Point final.
Laurence, qui gère un très beau site internet, ajoute d'ailleurs cette anecdote significative à propos du texte de Freud : « Le passage est très drôle d'ailleurs. Freud se moque de Rousseau qui a cherché à fuir la sexualité par les maths, mais quand il s'est retrouvé avec des problèmes de cylindres, de sections, de corps qui se choquent, il s'est senti cerné et il a pris peur... »
Les mathématiques et les sciences dures ne laisseraient donc pas de place aux nuances, aux discussions, aux impressions. Même si cela est faux, reste la perception que l'école transmet de ces matières. Ce pourrait d'ailleurs être une des raisons qui ferait que les garçons sont davantage attirés par ces disciplines que les filles qui préféreraient, quant à elles, les langues, les arts, les sciences humaines, etc. Le côté draconien des mathématiques et des sciences serait-il l'aspect qui plairait aux garçons qui se retrouvent dans cet univers droit, rigide, où une loi ne se laisse pas interpréter comme une règle de grammaire avec ses multiples exceptions?
En effet, ce serait le père de la psychanalyse qui a associé les mathématiques à la violence. Dans le livre Délire et rêves dans la Gradiva de Jensen, pp 165, Freud affirmerait que les mathématiques sont violentes. Un plus un égale deux. Pas de discussions interminables, pas d'autres options. Les mathématiques, et les sciences dites dures, sont tranchantes. Une seule réponse (on parle des mathématiques traditionnelles), pas d'autres possibilités pour résoudre un problème. Il faut que tout le monde arrive au même résultat. Pour reprendre le titre d'une chanson québécoise, « c'est ça qui est ça ». Point final.
Laurence, qui gère un très beau site internet, ajoute d'ailleurs cette anecdote significative à propos du texte de Freud : « Le passage est très drôle d'ailleurs. Freud se moque de Rousseau qui a cherché à fuir la sexualité par les maths, mais quand il s'est retrouvé avec des problèmes de cylindres, de sections, de corps qui se choquent, il s'est senti cerné et il a pris peur... »
Les mathématiques et les sciences dures ne laisseraient donc pas de place aux nuances, aux discussions, aux impressions. Même si cela est faux, reste la perception que l'école transmet de ces matières. Ce pourrait d'ailleurs être une des raisons qui ferait que les garçons sont davantage attirés par ces disciplines que les filles qui préféreraient, quant à elles, les langues, les arts, les sciences humaines, etc. Le côté draconien des mathématiques et des sciences serait-il l'aspect qui plairait aux garçons qui se retrouvent dans cet univers droit, rigide, où une loi ne se laisse pas interpréter comme une règle de grammaire avec ses multiples exceptions?
Ce n'est qu'un jeu?
Première partie d'une série de cinq.
Ce n’est qu’un jeu! C’est la phrase la plus souvent utilisée par les participants à un jeu de rôle en ligne massivement multijoueurs. Peut-être parce que plusieurs joueurs deviennent complètement obnubilés par l’univers virtuel dans lequel ils évoluent qu’ils en viennent par oublier complètement la réalité au point de ne plus manger ni dormir. Quelques-uns doivent même consulter des professionnels de la santé mentale tellement les impacts de ces simples jeux peuvent ruiner leurs vies physique, psychologique et financière.
En jouant à Everquest, en l’espace de quelques mois, j’ai rencontré virtuellement une fille qui s’était faite violée réellement pendant trois jours et trois nuits par une bande de voyous de la banlieue parisienne, un jeune Marseillais qui s’automutilait et qui avait tenté trois fois de se suicider, une mère et un père découragés par les accès de folie de leur fils, une cinéaste québécoise qui se réfugiait dans le jeu virtuel pour échapper à sa triste réalité de chômeuse, un grand-père australien qui n’avait pas d’autres contacts avec ses petits-enfants qu’en jouant virtuellement avec eux, un jeune couple qui n’avait plus d’autres amis que les personnes avec lesquelles il jouait sur Internet, en plus de plusieurs dépressifs et quelques mythomanes qui se prenaient pour Dieu le Père.
Ce portrait sombre de quelques joueurs invétérés obscurcit pourtant d’autres aspects importants des jeux de rôle massivement multijoueurs qu’on peut facilement mettre à jour en expérimentant un classique du genre : Everquest.
Pourtant, ce n’est qu’un jeu. Vraiment?
J’ai joué à Everquest pendant près d’un an. J’avais trouvé ce jeu par hasard en solde à seulement neuf dollars dans un magasin de produits informatiques. Je n’avais jamais participé à un jeu en ligne massivement multijoueurs auparavant. Je ne savais pas ce que c’était. Je n’étais donc pas prévenu. Au début, je croyais même que les personnages que je côtoyais étaient des êtres numériques munis seulement de l’intelligence artificielle du jeu. Quelle fut ma stupéfaction lorsqu’un des personnages s’adressa directement à moi pour me demander des renseignements personnels!
Je ne le savais pas encore, mais on m’avait épié depuis un moment déjà. On observait ma manière de jouer et, surtout, ma façon d’écrire. Car Everquest, contrairement à d’autres jeux de rôle, n’est pas un jeu d’action proprement dit, mais plutôt un jeu de construction d’un personnage qui va finalement finir par nous ressembler, d’une façon ou de l’autre.
Ce n’est qu’un jeu! C’est la phrase la plus souvent utilisée par les participants à un jeu de rôle en ligne massivement multijoueurs. Peut-être parce que plusieurs joueurs deviennent complètement obnubilés par l’univers virtuel dans lequel ils évoluent qu’ils en viennent par oublier complètement la réalité au point de ne plus manger ni dormir. Quelques-uns doivent même consulter des professionnels de la santé mentale tellement les impacts de ces simples jeux peuvent ruiner leurs vies physique, psychologique et financière.
En jouant à Everquest, en l’espace de quelques mois, j’ai rencontré virtuellement une fille qui s’était faite violée réellement pendant trois jours et trois nuits par une bande de voyous de la banlieue parisienne, un jeune Marseillais qui s’automutilait et qui avait tenté trois fois de se suicider, une mère et un père découragés par les accès de folie de leur fils, une cinéaste québécoise qui se réfugiait dans le jeu virtuel pour échapper à sa triste réalité de chômeuse, un grand-père australien qui n’avait pas d’autres contacts avec ses petits-enfants qu’en jouant virtuellement avec eux, un jeune couple qui n’avait plus d’autres amis que les personnes avec lesquelles il jouait sur Internet, en plus de plusieurs dépressifs et quelques mythomanes qui se prenaient pour Dieu le Père.
Ce portrait sombre de quelques joueurs invétérés obscurcit pourtant d’autres aspects importants des jeux de rôle massivement multijoueurs qu’on peut facilement mettre à jour en expérimentant un classique du genre : Everquest.
Pourtant, ce n’est qu’un jeu. Vraiment?
J’ai joué à Everquest pendant près d’un an. J’avais trouvé ce jeu par hasard en solde à seulement neuf dollars dans un magasin de produits informatiques. Je n’avais jamais participé à un jeu en ligne massivement multijoueurs auparavant. Je ne savais pas ce que c’était. Je n’étais donc pas prévenu. Au début, je croyais même que les personnages que je côtoyais étaient des êtres numériques munis seulement de l’intelligence artificielle du jeu. Quelle fut ma stupéfaction lorsqu’un des personnages s’adressa directement à moi pour me demander des renseignements personnels!
Je ne le savais pas encore, mais on m’avait épié depuis un moment déjà. On observait ma manière de jouer et, surtout, ma façon d’écrire. Car Everquest, contrairement à d’autres jeux de rôle, n’est pas un jeu d’action proprement dit, mais plutôt un jeu de construction d’un personnage qui va finalement finir par nous ressembler, d’une façon ou de l’autre.
mercredi 20 février 2008
Cinéma et philosophie
Voici la liste de films que je suggère de voir à mes élèves selon la matière vue en classe. Dans le premier cours, le 103, je projette en classe Troie et une partie de La Matrice. Dans le 102, je fais voir Passions secrètes et une partie Des Temps modernes. Dans le dernier cours, Éthique et politique, je présente Orange mécanique. Les autres films de la liste ci-dessous sont seulement des suggestions. J'en parle à l'occasion pour donner des exemples aux élèves. Les points de repère sont alors plus faciles à trouver quand la majorité des étudiants ont vu le même film.
Par exemple, cette semaine je parle de Nietzsche en classe. Je vais donner des exemples du surhomme et de la volonté de puissance en faisant référence à des scènes de Citizen Kane, de L'Aviateur, de Apocalypse Now, de 2001 L'Odyssée de l'espace, de Fight club et d’Orange mécanique.
Films pour les cours de philo
Batman 1 et 2, films de Tim Burton (Sleepy Hollow, La Planète des singes, Édouard les mains d'argent, L’Étrange Noël de Mr Jack, etc.) sur la perception du bien et du mal. Inversions des concepts du bien et du mal. Éthique et politique
Soleil levant, l'apparence comme illusion de la vérité, ou le monde des apparences trompeuses. 103
300, de Zack Snyder. Bataille de spartiates à l'origine de l'identité grecque. 103
Troie, conflits entre les mythes, la religion et la raison. 103
Obsession, film sur le difficile pardon dans la société d'aujourd'hui. Avec Jack Nicholson incarnant un père vengeur qui demande finalement pardon à l'assassin de sa fille Éthique et politique
Orange mécanique film culte de Stanley Kubrick sur l'évolution de la morale dans la société et sur le difficile contrôle des pulsions humaines. Éthique et politique
La matrice I, film inspiré, entre autres, de la mythologie et de l'allégorie de la caverne de Platon. 103
L'île, sur le clonage et l'Allégorie de la caverne. 103
Sleepy Hollow, un film de Tim Burton, dans lequel on voit encore comment la normalité est mise à partie. Où il est beaucoup question de la vérité et des apparences et du conformisme comme forme de totalitarisme Éthique et politique. Une sorte de deuxième version de son film Edward Scissorhands.
Blade runner sur l’essence de l’être humain, la liberté et le déterminisme. 102
Crash, de David Cronenberg, où l'instinct de vie et de mort s'échangent la voie… 102
Fargo, film des frères Cohen sur le bien et le mal, la vie et la mort, et leurs fausses apparences.
Le Déclin de l’empire américain de Denys Arcand, sur la crise des valeurs de la société contemporaine Éthique et politique.
La vie de David Gale, d’Alan Parker, sur la vérité et l’apparence trompeuse. 103.
Le fils de l'homme sur les dangers qui menacent l'espèce humaine. Éthique et politique
C'est l'Apocalypse, de Francis Ford Coppola, inspiré librement d'un roman de Joseph Conrad, illustration de la philosophie de Nietzsche. 102
Cinéastes philosophes
Les films de Kubrick, des frères Cohen, de Martin Scorsese, de Tavernier, de David Lynch, de Quentin Tarantino, de Christopher Nolan, écrits par Andrew Niccol, de Michael Moore, de Lars von Trier, de Denys Arcand, de Woody Allen, de Francis Ford Coppola, etc.
D'autres films intéressants pour les cours de philosophie
Rapport Minoritaire
Intelligence artificielle
La liste Schindler
Simone
Bienvenue à Gattaca
Truman show
Memento
Insomnia
Harold et Maud
Big Fish
Dogville
Crash de Paul Haggis, sur le racisme
La Fille d’un million de dollars de Clint Eastwood sur l’euthanasie
Brokeback Mountain
La Constance du Jardinier
La Grande Bouffe
Crazy
Le Parrain
Les Femmes de Stepford
L’enfant sauvage
Tu ne tueras point
Le Prestige
Fight club
2001, L'Odyssée de l'espace
Babel
Avez-vous d'autres suggestions à me faire?
Par exemple, cette semaine je parle de Nietzsche en classe. Je vais donner des exemples du surhomme et de la volonté de puissance en faisant référence à des scènes de Citizen Kane, de L'Aviateur, de Apocalypse Now, de 2001 L'Odyssée de l'espace, de Fight club et d’Orange mécanique.
Films pour les cours de philo
Batman 1 et 2, films de Tim Burton (Sleepy Hollow, La Planète des singes, Édouard les mains d'argent, L’Étrange Noël de Mr Jack, etc.) sur la perception du bien et du mal. Inversions des concepts du bien et du mal. Éthique et politique
Soleil levant, l'apparence comme illusion de la vérité, ou le monde des apparences trompeuses. 103
300, de Zack Snyder. Bataille de spartiates à l'origine de l'identité grecque. 103
Troie, conflits entre les mythes, la religion et la raison. 103
Obsession, film sur le difficile pardon dans la société d'aujourd'hui. Avec Jack Nicholson incarnant un père vengeur qui demande finalement pardon à l'assassin de sa fille Éthique et politique
Orange mécanique film culte de Stanley Kubrick sur l'évolution de la morale dans la société et sur le difficile contrôle des pulsions humaines. Éthique et politique
La matrice I, film inspiré, entre autres, de la mythologie et de l'allégorie de la caverne de Platon. 103
L'île, sur le clonage et l'Allégorie de la caverne. 103
Sleepy Hollow, un film de Tim Burton, dans lequel on voit encore comment la normalité est mise à partie. Où il est beaucoup question de la vérité et des apparences et du conformisme comme forme de totalitarisme Éthique et politique. Une sorte de deuxième version de son film Edward Scissorhands.
Blade runner sur l’essence de l’être humain, la liberté et le déterminisme. 102
Crash, de David Cronenberg, où l'instinct de vie et de mort s'échangent la voie… 102
Fargo, film des frères Cohen sur le bien et le mal, la vie et la mort, et leurs fausses apparences.
Le Déclin de l’empire américain de Denys Arcand, sur la crise des valeurs de la société contemporaine Éthique et politique.
La vie de David Gale, d’Alan Parker, sur la vérité et l’apparence trompeuse. 103.
Le fils de l'homme sur les dangers qui menacent l'espèce humaine. Éthique et politique
C'est l'Apocalypse, de Francis Ford Coppola, inspiré librement d'un roman de Joseph Conrad, illustration de la philosophie de Nietzsche. 102
Cinéastes philosophes
Les films de Kubrick, des frères Cohen, de Martin Scorsese, de Tavernier, de David Lynch, de Quentin Tarantino, de Christopher Nolan, écrits par Andrew Niccol, de Michael Moore, de Lars von Trier, de Denys Arcand, de Woody Allen, de Francis Ford Coppola, etc.
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Brokeback Mountain
La Constance du Jardinier
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Crazy
Le Parrain
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Tu ne tueras point
Le Prestige
Fight club
2001, L'Odyssée de l'espace
Babel
Avez-vous d'autres suggestions à me faire?
samedi 2 février 2008
Expérimenter l'enseignement théorique
D'abord, capter l'attention des élèves. Afin de présenter le doute méthodique de Descartes, je vais distribuer en classe quelques illusions d'optique. J'ai trouvé sur Internet des centaines et des centaines d'illusions en tout genre. Je vais également essayer de déstabiliser les élèves avec des illusions de perception, chaud-froid, lourd-léger, etc. Par la suite, je vais tenter de les étonner avec des hallucinations auditives.
En second lieu, je vais me transformer en mathématicien fou qui essaie de résoudre une équation impossible à résoudre. Le défi consistera à mélanger les élèves en suivant un raisonnement en apparence logique, mais qui aboutit à une erreur.
Dans un troisième temps, montrer que la mémoire est une faculté qui oublie. Actuellement, je cherche des jeux de mémoire à apporter en classe afin d'illustrer ce dernier élément du doute méthodique de Descartes. Quelqu'un a une idée?
Je vais également monter, en en faisant l'expérience en classe avec les élèves, comment notre volonté ne contrôle pas tout à fait notre corps. Jeux avec perte de contrôle de ses mouvements corporels.
Après toutes ces expérimentations, nous allons discuter du film Crash, de la Commission Bouchard-Taylor et de la nécessité de dépasser nos préjugés racistes avec l'aide de notre raison, si nous voulons vivre dans une société juste et équitable.
Le recours à la raison afin de résoudre toutes les difficultés rencontrées me permettra alors d'aborder de façon pratique la théorie rationaliste de Descartes. Il faudra éviter de présenter le célèbre cogito et les preuves de l'existence des choses matérielles de façon trop théorique.
La conclusion du cours devrait porter sur les limites de cette conception rationaliste de l'être humain en tirant de l'actualité des exemples de comportements tout à fait irrationalistes. Ce ne sera pas difficile à trouver. Finalement, parler de la nature sapiens-demens de l'être humain et discuter de la dimension Ubris de l'homme, comme l'appelait Edgar Morin, pour faire un lien avec le prochain cours qui portera sur Nietzsche.
Est-ce que l'être humain est essentiellement un être de raison qui contrôle parfaitement ses émotions? Ce sera l'interrogation finale qui devrait permettre de lancer le journal de bord des élèves.
En second lieu, je vais me transformer en mathématicien fou qui essaie de résoudre une équation impossible à résoudre. Le défi consistera à mélanger les élèves en suivant un raisonnement en apparence logique, mais qui aboutit à une erreur.
Dans un troisième temps, montrer que la mémoire est une faculté qui oublie. Actuellement, je cherche des jeux de mémoire à apporter en classe afin d'illustrer ce dernier élément du doute méthodique de Descartes. Quelqu'un a une idée?
Je vais également monter, en en faisant l'expérience en classe avec les élèves, comment notre volonté ne contrôle pas tout à fait notre corps. Jeux avec perte de contrôle de ses mouvements corporels.
Après toutes ces expérimentations, nous allons discuter du film Crash, de la Commission Bouchard-Taylor et de la nécessité de dépasser nos préjugés racistes avec l'aide de notre raison, si nous voulons vivre dans une société juste et équitable.
Le recours à la raison afin de résoudre toutes les difficultés rencontrées me permettra alors d'aborder de façon pratique la théorie rationaliste de Descartes. Il faudra éviter de présenter le célèbre cogito et les preuves de l'existence des choses matérielles de façon trop théorique.
La conclusion du cours devrait porter sur les limites de cette conception rationaliste de l'être humain en tirant de l'actualité des exemples de comportements tout à fait irrationalistes. Ce ne sera pas difficile à trouver. Finalement, parler de la nature sapiens-demens de l'être humain et discuter de la dimension Ubris de l'homme, comme l'appelait Edgar Morin, pour faire un lien avec le prochain cours qui portera sur Nietzsche.
Est-ce que l'être humain est essentiellement un être de raison qui contrôle parfaitement ses émotions? Ce sera l'interrogation finale qui devrait permettre de lancer le journal de bord des élèves.
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